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La pratique insoutenable des abattoirs

Par Maître ANTEBI - Avocat à Cannes, Nice, Grasse, Antibes

Avocat à Cannes - Maître AntebiDroit des animauxLa pratique insoutenable des abattoirs, auteurs de la souffrance animale

16

oct
2015

La pratique insoutenable des abattoirs, auteurs de la souffrance animale

La pratique insoutenable des abattoirs

Les média ont diffusé des images intolérables sur les pratiques de certains abattoirs (utilisation de gaz pour exterminer les porcs, jet de poussins vivants dans un sac poubelle noué et compressé à la main, remuant de toute part à l’intérieur, pendaison de chevaux agonisants et ensanglantés).

Que dire …

Cela se traduit surtout par une palette de sentiments de consternation, de dégoût, d’écoeurement et effroi.

Comment la main de l’homme est-elle capable, dans un Etat supposé civilisé comme la France, de faire souffrir autant d’êtres vivants ?

Le fait que le Code civil ait intégré récemment la notion d’ « être sensible et vivant » pour qualifier l’animal n’a nullement impacté les professionnels de la mort animale.

Il existe une règlementation sur l’abattage des animaux. Elle n’est manifestement pas respectée partout. Et il y a un manque de transparence à cet égard, les abattoirs occultant leurs véritables pratiques lors des contrôles inopinés effectués par l’Administration vétérinaire.

Comme dans d’autres domaines, les éléments normatifs ne manquent pas, même s’il est toujours possible de réfléchir sur l’adoption de nouvelles dispositions ayant pour finalité d’améliorer la condition animale.

Mais ce qui importe d’abord, c’est que la règlementation et la loi existantes, soient respectées.

Cela suppose un dispositif de contrôle élaboré, des moyens humains et matériels pour opérer des visites aléatoires dans le plus grand nombre d’établissements et le plus régulièrement possible avec un suivi administratif, voire judiciaire le cas échéant.

Cela suppose également que la justice fasse une application pure et simple des textes et des sanctions, sans abuser du mécanisme trop facile de l’amende ou du sursis à la place de l’emprisonnement ferme.

Le recours au sursis est trop systématique en France, de sorte que les associations de protection animale qui se constituent partie civile ont le sentiment que la peine – si elle est prononcée – est noyée dans l’œuf, et qu’elle ne sera donc pas appliquée…

Le respect de l’être vivant, de la vie animale doit être enseigné dès le plus jeune âge. Le système éducatif comporte des lacunes à cet égard et la société est en perte de valeurs, situation qui pourrait à terme jour affecter son unité et sa cohésion…

L’on ne peut imaginer que, même en période de crise de l’emploi, des subalternes puissent accepter d’exécuter des gestes barbares visant à faire souffrir.

Des images filmées en caméra cachée ont montré que les animaux sont encore traités comme des « choses » au sens juridique du terme t qu’à cet égard, ils pourraient souffrir sans éprouver la moindre sensation.

Or l’animal être vivant et sensible souffre. Il a un système de pensée – certes un peu moins élaboré que l’être humain – et une psychologie. Il ressent le mal et la souffrance et a une conscience, la conscience animale… Autant de notions qui ne sont malheureusement pas appréhendées par l’être humain peut-être par excès de considération narcissique pour son genre, qu’il estime supérieur sur la Terre.

La déconsidération de la vie animale traduit certainement un déficit culturel des individus, des groupes, des sociétés qui la souscrivent.

L’on implorera jamais assez le législateur afin qu’il rehausse le statut de l’animal en lui consacrant une protection supérieure.

L’on implorera jamais assez les juges de faire une application rigoureuse des textes qu’ils ont à leur disposition afin que les auteurs de cruauté sur les animaux puissent être véritablement sanctionnés (peine d’emprisonnement ferme à la clé).

L’on implorera jamais le gouvernement français afin qu’il donne à l’Etat les moyens de financer les contrôles adéquats avec un suivi administrativo-judiciaire.

L’on ne rappellera jamais assez que l’animal n’est pas une « chose » et qu’il ressent la douleur. En quoi peut consister le plaisir de ceux qui se consacrent à la lui infliger aussi délibérément ?

Il n’y a aucune excuse à cette cruauté et celle-ci doit être strictement poursuivie et sanctionnée, afin qu’elle ne réitère plus.

La pratique malheureuse des abattoirs qui ne respectent pas la règlementation doit être éradiquée de cet Etat et l’Union Européenne n’a pas manqué de mettre l’accent sur la situation des abattoirs en France.

Ronit ANTEBI
Avocat

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Comments (3)

  1. Nous remercions les professionnels du droit de bien vouloir s’investir dans le bien être animal.
    Nous espérons qu’avec la nouvelle législation en 2016 sur la vente de chiots, les importations illégales pourront être signalées.
    Très cordialement
    Dr Alexandra couture
    Clinique vétérinaire Alpha

  2. Merci pour poursuivre ce combat qui malheureusement n’intéresse pas grand monde, voire même dérange tout simplement. Végétalienne engagée, mon cercle d’amis se restreint de plus en plus, les gens ne m’invitent plus comme avant, et puis les options de restaurants veg. en France c’est vraiment dérisoire, en comparant notamment New-York et Paris, il y a une nette différence. J’ai eu le plaisir de dîner juste en face de Paul McCartney à Candle 79 a New York, et quelques jours après au café du même restaurant mais situé à une autre adresse, plus abordable, l’on m’a dit que j’avais dîné juste à côté de Mia Farrow, incroyable comme expérience.
    Les français sont encore très charcuterie et foie gras pendant les fêtes, les mentalités n’évoluent pas autant que dans les pays du Nord de l’Europe ou aux États-Unis.
    Sad but true!

    Emma

  3. Au Québec on a récemment voté une loi qui reconnait que les animaux sont des êtres doués de sensibilité et j’ai bien peur que face aux pratiques de l’industrie de la viande ceci ne soit que cosmétique pour cause des mêmes lacunes que vous décrivez dans votre article. Effectivement il faut continuer de rappeler l’immonde réalité qu’on fait subir à ces milliards d’êtres sensible qu’on traite comme de la marchandise, il faut implorer, exiger que les moyens d’appliquer la législation soit mis en place et faire pression pour pousser les lois plus loin afin qu’un réel changement de société s’opère dans un esprit égalitariste.

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